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Ramoneur sur le toit d'une maison en pierre, canne de ramonage engagée dans la souche de cheminée, dans le Loiret
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5 octobre 2026 · Ramonage · 8 min

Ramonage de cheminée dans le Loiret : fréquence, certificat, et ce qu'on trouve vraiment dans un conduit

Chaque automne, c'est la même chose : le premier feu tire mal, ça sent un peu le brûlé dans la pièce, et on se demande si le ramonage est vraiment obligatoire. Oui, il l'est, et la réglementation a changé depuis le 1er octobre 2023. Mais la vraie raison de le faire n'est pas administrative. Ce que je retire d'un conduit après une saison de chauffe ne ressemble jamais à ce que les propriétaires imaginent. Voici ce que dit la règle, ce que je trouve réellement dans les conduits entre Pithiviers, Malesherbes et Orléans, et comment savoir si le vôtre est en train de se boucher.

Infographie : Ramonage de cheminée dans le Loiret : fréquence, certificat, et ce qu'on trouve vraiment dans un conduit

Combien de ramonages par an, et pour quel combustible

Depuis le 1er octobre 2023, la règle est la même partout en France et elle se lit simplement. Pour un appareil au bois, aux granulés ou au fioul, c'est deux ramonages par an, dont un obligatoirement pendant la période de chauffe. Pour un appareil au gaz, c'est un ramonage par an.

Votre règlement sanitaire départemental peut être plus exigeant que ce socle national : dans le Loiret, un appel en mairie suffit pour vérifier si votre commune ajoute une contrainte.

Le ramonage ne se résume pas à un coup de brosse. La réglementation parle d'une action mécanique sur toute la longueur du conduit, de l'appareil jusqu'au débouché en toiture. C'est pour cette raison qu'on monte sur le toit, et pas seulement qu'on glisse un hérisson par la trappe du bas.

Le certificat, et pourquoi votre assureur le réclamera

À chaque passage, vous recevez un certificat de ramonage. Ce document indique la date, le conduit concerné, l'attestation que le conduit a été ramoné sur toute sa longueur, et les observations éventuelles sur l'état de l'installation.

Ce n'est pas une formalité. En cas de feu de cheminée ou de sinistre lié au conduit, l'assureur demande ce certificat. Sans lui, la prise en charge peut être réduite, voire refusée au titre d'un défaut d'entretien. Gardez les deux derniers, rangés avec votre contrat d'habitation.

Je le remets systématiquement et sans supplément, à la fin de l'intervention.

Suie, goudron, bistre : trois choses très différentes

On parle toujours de « suie », mais c'est un raccourci. Dans un conduit, on trouve en réalité trois dépôts, et ils ne se traitent pas de la même façon.

La suie est une poudre noire, légère, qui se dépose uniformément. C'est le dépôt normal d'une combustion correcte. Elle s'enlève à la brosse, et c'est ce que le ramonage annuel règle en quelques minutes.

Le goudron apparaît quand la combustion est trop froide ou le bois trop humide. Il est collant, brillant, et il adhère. Il annonce que quelque chose ne va pas dans le réglage ou dans le combustible.

Le bistre est le stade d'après. C'est une croûte dure, noire et vitrifiée, qui réduit le diamètre du conduit et qui s'enflamme à haute température. Il ne part pas à la brosse : il demande un débistrage, c'est-à-dire un passage mécanique spécifique, parfois plusieurs heures de travail.

À quoi ressemble un conduit encrassé, en vrai

Les deux photos ci-dessous viennent d'interventions récentes. Elles montrent mieux qu'un long discours la différence entre un conduit entretenu et un conduit qui ne l'a pas été.

Sur le premier, le dépôt a formé une croûte épaisse et irrégulière qui mange une bonne partie de la section. Un conduit dans cet état tire mal, refoule par temps de vent, et chaque flambée un peu vive devient un risque.

Sur le second, le tubage inox est net après passage. On distingue les ondulations du tube sur toute la circonférence, et le dépôt restant n'est qu'un voile. C'est l'état dans lequel un conduit doit se trouver avant l'hiver.

Les six signes qui disent que votre conduit a besoin d'un passage

Le feu démarre mal, ou il faut rouvrir la porte pour qu'il reprenne.

De la fumée revient dans la pièce quand vous ouvrez l'appareil, surtout par vent de nord.

Une odeur de brûlé ou de goudron persiste dans la pièce entre deux flambées.

La vitre de l'insert se salit beaucoup plus vite qu'avant.

Vous entendez un bruit de ruissellement ou des chutes de débris dans le conduit.

Vous trouvez des morceaux noirs et durs dans le cendrier ou au pied de la cheminée : c'est du bistre qui se décroche tout seul.

Pourquoi je monte sur le toit, et ce que ça change

Beaucoup de ramonages se font uniquement par le bas, depuis la trappe de visite. C'est plus rapide, mais ça laisse le haut du conduit hors de vue, et c'est justement là que le bistre s'accumule, parce que c'est l'endroit le plus froid.

En passant par le débouché en toiture, on travaille toute la longueur, on voit l'état réel du tubage ou du boisseau, et on contrôle le chapeau, la grille pare-oiseaux et le solin autour de la souche.

C'est le deuxième intérêt, et beaucoup de clients ne le découvrent qu'après coup : je suis couvreur avant d'être ramoneur. Pendant que je suis là-haut, je regarde la souche, les tuiles autour, le solin et le faîtage. Une souche fissurée ou un solin décollé se voient à ce moment-là, et pas après la première pluie d'hiver.

Le bois, le vrai responsable de la moitié des conduits encrassés

Un conduit s'encrasse surtout à cause de ce qu'on y brûle. Trois erreurs reviennent sans arrêt.

Le bois trop humide. Un bois fendu et stocké à l'abri pendant deux ans a un taux d'humidité autour de vingt pour cent. Un bois acheté au printemps et brûlé l'hiver suivant est encore au-dessus de trente, et toute cette eau se condense dans le conduit en entraînant les goudrons.

Le feu couvant. Fermer complètement l'arrivée d'air pour tenir la nuit fait baisser la température des fumées, et c'est exactement la condition qui fabrique le bistre. Mieux vaut une flambée vive et courte qu'un feu étouffé pendant huit heures.

Les résineux et les bois de récupération. Un sapin encrasse plus vite qu'un chêne, et un bois peint ou traité libère des composés qui abîment le tubage.

Le bon moment pour faire ramoner, dans le Loiret

Septembre et octobre sont les meilleurs mois : le conduit est froid, l'appareil est à l'arrêt, et vous passez l'hiver tranquille. C'est aussi la période où l'on trouve encore des créneaux.

À partir de novembre, tout le monde appelle en même temps, souvent parce que ça refoule déjà. Et un ramonage réalisé en pleine saison oblige à couper le chauffage une demi-journée.

Si vous avez un doute sur l'état du conduit, le mieux reste de faire regarder avant d'allumer le premier feu de la saison, pas après.

Où j'interviens

Je ramone à Pithiviers et dans tout le Pithiverais, à Malesherbes, Beaune-la-Rolande, Yèvre-la-Ville, Puiseaux, Outarville, et plus largement dans le nord du Loiret et jusqu'à l'agglomération d'Orléans.

Le certificat est remis à la fin de l'intervention, et l'inspection de la toiture autour de la souche est comprise, puisque je suis déjà sur le toit. Pour un devis, décrivez-moi votre installation, le combustible et le nombre de conduits.

Le chantier en photos

Conduit de cheminée vu du dessus, recouvert d'une épaisse croûte de bistre noir qui réduit la section
Un conduit encrassé : la croûte noire et dure est du bistre. Elle réduit la section, elle tire mal, et elle s'enflamme à haute température. Une brosse seule n'en vient pas à bout.
Tubage inox annelé vu depuis le débouché en toiture après ramonage, paroi nette sur toute la circonférence
Le même travail terminé sur un autre conduit : le tubage inox est net sur toute sa circonférence, on distingue les ondulations du tube. C'est l'état attendu avant l'hiver.
Ramoneur en haut d'une échelle de toit, à la souche de cheminée, canne de ramonage en main
Le passage se fait par le débouché en toiture, avec une échelle de couvreur. C'est la seule façon de travailler le haut du conduit, là où le bistre s'accumule.

Les conseils du couvreur

  • Faites ramoner en septembre ou en octobre : le conduit est froid, l'appareil à l'arrêt, et les créneaux existent encore.
  • Gardez vos deux derniers certificats avec votre contrat d'assurance habitation, c'est ce que l'assureur demandera après un sinistre.
  • Brûlez du bois fendu et stocké deux ans à l'abri : c'est la mesure qui réduit le plus l'encrassement du conduit.
  • Évitez de fermer complètement l'arrivée d'air pour tenir la nuit : un feu couvant fabrique le bistre.
  • Si vous trouvez des morceaux noirs et durs au pied de la cheminée, ne rallumez pas avant d'avoir fait regarder le conduit.
  • Demandez que le ramonage se fasse aussi par le toit : un passage uniquement par le bas laisse la partie la plus froide du conduit sans contrôle.

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